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Evidemment, on se dit que le goût qu'on porte aux choses est mu par une certaine cohérence.
Parfois, cette cohérence s'exprime évidemment, elle en devient vertigineuse.
Cela remet aussi profondément en cause l'idée de hasard : est-ce que se retrouver autour d'une image commune avec tout ce(ux) que j'aime est "naturel", "normal", le résultat d'une équation statistique ?
Ou bien l'image qui relie tous ces êtres que j'aime est-elle encore un hasard ?
Ce plongeur créé des liens :

Il s'agit de la dalle d'une tombe sybarite.
1/ Le mot sybarite me ramène chaque fois à la chanson La Musique, de Dominique A. Depuis des années, pour exprimer l'admiration que j'ai du chanteur, je prends toujours cet exemple de paroles, que je trouve riche, ironique, construite, raffinée, conflictuelle :
"Et dire qu'on disait la musique
Pour sybarites, pour glandeurs nés
Moi je n'ai vu de sa guérite
Que pitons et monts élancés"...
Pour sybarites, pour glandeurs nés
Moi je n'ai vu de sa guérite
Que pitons et monts élancés"...
2/ La tombe du plongeur sert d'appui à un exposé magnifique de Pascal Quignard, lors d'un congrès archéologique. Passionné par les notions de fragments, de manque, de langage, Quignard intitule le recueil dans lequel se trouve cette intervention Sur l'image qui manque à nos jours. Texte essentiel.
"L'image voit ce qui manque.
Le mot nomme ce qui fut."3/ La Féline, chanteuse pop et philosophe adornienne, dans un article, sur son blog, parle de manière immense du monde qui est le sien et le nôtre, qu'elle a résumé dans une courte chanson Le plongeur. Elle utilise cette dalle pour illustrer son propos. Magnifique.
" Je sais bien qu’au fond de l’eau il y a des hydres, et je les vois grandir chaque jour. Le triomphe, ce ne sera probablement pas le mien, peut-être celui de quelque chose qui viendra me détruire. Comme celui des empereurs romains entrant dans les villes conquises, il sera chargé de morts. Mais j’ai mon rêve, et mon couteau".
« Saisies »
Nicolas Rivet
02
mar.
2017