Retrouvailles [Retour liste]
Retrouvé ce texte, écrit en revenant de Caen, (en... 2013 ?) dans le train.
Des paysages partout défilent
Absents, nous
contemplons
Des baraquements, des toits de briques,
Éventrés, des fenêtres,
Que le
vent articule,
Ouvertes sur les champs
Et les champs,
A perte de vue,
Ce vide
froid et vert,
Ce mol affalement
Déprime végétale,
Engloutie d'averses
Incessantes,
méthodiques.
Difficile de rire, le nez sur la vitre,
Quand on se noie dans rien
Quand
rien ne retient,
L'attention ni les mains
Qui débattent et s'accrochent
Finalement,
à nos bras qui en tombent.
La fureur du métal, le sursaut du moteur
Engloutis,
comme les sillons
Les ornières des tracteurs
Dans la boue de leurs champs.
Printemps
sur le bocage,
Et les pommiers en fleur
Sont rouillés de l'attendre.
La chaleur où
tout pousse,
La beauté opulente.
Rien ne change jamais plus
Nous nous sommes arrêtés
Dans
une gare close
Nous attendons de voir
Autre chose que la pluie,
Que les
champs verts et moites,
Et que la pluie encore.
Et nous passons des fermes,
Pavillons, clôtures,
Des
hangars, des remises,
Et pourtant rien ne passe.
Quand a passé le temps
De cet hiver long
Quand
a fui la raison ?
« Saisies »
Nicolas Rivet