Retrouvailles [Retour liste]

Retrouvé ce texte, écrit en revenant de Caen, (en... 2013 ?) dans le train.


Des paysages partout défilent

Absents, nous
contemplons

Des baraquements, des toits de briques,

Éventrés, des fenêtres,

Que le
vent articule,

Ouvertes sur les champs

Et les champs,

A perte de vue,

Ce vide
froid et vert,

Ce mol affalement

Déprime végétale,

Engloutie d'averses

Incessantes,
méthodiques.

Difficile de rire, le nez sur la vitre,

Quand on se noie dans rien

Quand
rien ne retient,

L'attention ni les mains

Qui débattent et s'accrochent

Finalement,
à nos bras qui en tombent.

La fureur du métal, le sursaut du moteur

Engloutis,
comme les sillons

Les ornières des tracteurs

Dans la boue de leurs champs.

Printemps
sur le bocage,

Et les pommiers en fleur

Sont rouillés de l'attendre.

La chaleur où
tout pousse,

La beauté opulente.

Rien ne change jamais plus

Nous nous sommes arrêtés

Dans
une gare close

Nous attendons de voir

Autre chose que la pluie,

Que les
champs verts et moites,

Et que la pluie encore.

Et nous passons des fermes,

Pavillons, clôtures,

Des
hangars, des remises, 

Et pourtant rien ne passe.



 



Quand a passé le temps

De cet hiver long

Quand
a fui la raison ?

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02
jan.
2015